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le business de la sécurité au Venezuela ne connait pas la crise !

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L'insécurité est la deuxième préoccupation des latino-américains après les problèmes économiques. Certains ont flairé le bon filon en surfant sur le marché de la protection des personnes, notamment au Venezuela, pays frappé par la délinquance et qui est de plus le deuxième état le plus violent d'Amérique Latine. En effet en 2014 on compte au Venezuela pas moins de quatre enlèvements par semaine et 65 assassinats par jour ! Face à la montée de la délinquance, plusieurs moyens de protection s'offrent aux populations pour se protéger.

Ils peuvent tout d'abord opter pour des vêtements blindés créés par Miguel Caballero. La demande pour ses créations est tellement forte qu'il a ouvert en avril dernier un magasin à Caracas, la capitale du Venezuela, après avoir débuté au Mexique et en Colombie, deux pays où l'insécurité règne aussi. Mais les locaux ne sont pas les seuls intéressés par ces vêtements blindés, en effet des hommes politiques et des chefs d'entreprise étrangers achètent, par prévention, les vêtements de M. Caballero pour se protéger pendant leur séjour au Venezuela.
Le blindage des vêtements est très discret, la personne est protégée des balles de revolver, de pistolet et de mitraillette. Une chemise pèse tout de même 910 grammes et une veste 1,7 kilos et comme la protection n'a pas de prix, les clients sont tous prêts à débourser en moyenne 2 000 dollars pour de tels vêtements.

Quelques vénézuéliens ont-eux opté pour une autre solution de protection : les voitures blindées, ainsi depuis 2007 les entreprises spécialisées dans ce domaine sont passées de 18 à plus de 40. Mais ce service est encore moins accessible que les vêtements blindés, un chef d'entreprise a payé 40 000 dollars pour faire blinder sa voiture et celle de sa femme. On peut également ajouter dans les voitures, en option bien sûr, des boutons d'urgence et un service de géolocalisation.

Heureusement il existe des solutions de protection un peu moins onéreuses comme l'installation d'alarmes, de caméras de surveillance ou encore des fenêtres blindées dans les maisons et les entreprises.

Enfin si vous êtes en soirée le weekend, il est possible non pas d'appeler un simple taxi mais une voiture blindée avec escorte afin de rentrer chez vous en toute sécurité. Ce service coûte tout de même 952 dollars entre 18 heures et 20 heures.

Cependant, avec un salaire minimum d'environ 500 dollars et une forte inflation des produits de base, seule une minorité de vénézuéliens peut se payer ces types de services. La majorité des vénézuéliens est alors contrainte de modifier ses habitudes comme attendre le lever du jour pour sortir voire s'enfermer chez eux à la tombée de la nuit.

Ainsi face à l'insécurité, les inégalités entre les catégories de populations s'accentuent, seuls les riches peuvent se protéger efficacement. Avec une recrudescence de la délinquance au Venezuela, le marché de l'insécurité n'est pas prêt de s’essouffler.

Source de l'article principal : http://www.2001.com.ve/en-la-calle/venezolanos-se-blindan-para-ganarle-a...
date de publication : 30/10/2014
article secondaire sur le salaire minimum au Venezuela : http://www.rfi.fr/ameriques/20140108-venezuela-gros-coup-pouce-salaire-m...