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Au Venezuela, un leader de l'opposition assassiné

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Luis Manuel Díaz, le secrétaire général du parti d'opposition "Acción Democrática" dans l'Etat de Guárico, a été assassiné ce mercredi 25 novembre vers 19h30 à Altagracia de Orituco. Il participait à un meeting de campagne dans le cadre de la tournée nationale de Lilian Tintori, la femme du leader d'opposition et prisonnier politique Leopoldo López.

Le rassemblement politique devait commencer à 14h30 mais suite à de nombreux obstacles dénoncés par l'entourage de Lilian Tintori, la manifestation n'a pu commencer qu'en fin d'après-midi.
En effet, dans la matinée, Lilian Tintori aurait été retenue par les autorités de l'Aéroport Santiago Mariño de Isla Margarita selon la famille de son mari. Après un bref passage dans la ville de Valle de Pascua où elle accuse les officiels de l'avoir harcelé, elle s'est rendue à Altagracia de Orituco en avion de tourisme accompagnée par les candidats Rummi Olivo et Carlos Prosperi. L'avion de son chef de presse a subi une avarie à l'atterrissage et selon Abraham Fernandez, le dirigeant local du parti "Primero Justicia", les occupants de l'avion ont été très affectés car cela aurait pu mené à un terrible accident.
[Le parcours de Lilian Tintori]

Le meeting a eu lieu tardivement devant des milliers de personnes. Alors qu'il touchait à sa fin et que Rummi Olivo allait interpréter le chant de clôture, des tirs retentirent et Díaz chuta sur la scène touché par les balles. Ramos Allup, le secrétaire général de Acción Democrática qui a diffusé la nouvelle, accuse les "bandes armées" du "Parti Socialiste Unifié du Venezuela", le parti du président Nicolás Maduro, d'avoir fait feu depuis une voiture. Diaz est décédé sur le trajet qui l'emmenait à la clinique alors que les autres intervenants ont pu s'en tirer sain et sauf.

La "Mesa de la Unidad Democrática", un mouvement qui regroupe les partis d'opposition, a tenu à dénoncer "la responsabilité du gouvernement, par l'action et l'omission, pour tous les actes de violence du pays. La violence prêchée au plus haut niveau de l'Etat sème la haine." selon leurs mots rapportés d'un communiqué.
L'organisation souligne de plus que cet acte n'est pas isolé. En effet, de nombreux opposants ont fait l'objet de harcèlement depuis le début de la campagne électorale.
Quelques heures avant l'assassinat, l'ex-candidat à l'élection présidentielle et gouverneur Henrique Capriles a dénoncé des perturbations par des groupes supposés soutenir le gouvernement pendant sa tournée dans l'Etat Bolívar.
Le dimanche précédent, Miguel Pizarro, député du parti Primero Justicia et candidat à sa réélection, fut obligé de mettre un terme à ses déplacements de promotion pour sa campagne quand un groupe armé vêtu de chemises rouges les a menacés de mort.

La "Misión Electoral de Unasur" s'est également exprimée pour condamner les violences qui entravent le déroulement du processus électoral et demander une enquête. L'Unasur est la seule organisation internationale autorisée par les autorités vénézuéliennes à contrôler le déroulement du prochain scrutin.

Le président vénézuélien s'est exprimé depuis : "L'enquête scientifique et les témoignages de ceux qui étaient sur place montrent déjà que [l'hypothèse accusant le parti du gouvernement] est totalement fausse et ceci est une accusation téméraire." Selon lui, il s'agissait "d'un règlement de comptes entre bandes rivales".

El País - 26 novembre 2015
http://internacional.elpais.com/internacional/2015/11/26/america/1448502...