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Les peuples indiens dénoncent la criminalisation de la protestation sociale

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Le dernier rapport de La Defensoria del Pueblo sur les conflits sociaux au Pérou a déclaré qu'il existait 171 conflits sociaux actifs dans le pays en octobre.

Certains de ces conflits proviennent de peuples indiens qui se révoltent contre l'exploitation de leurs terres. Or, le vendredi 31 octobre, les indiens péruviens ont dénoncé devant la Commission Inter-américaine pour les Droits de l'Homme (CIDH) la criminalisation de la protestation sociale au Pérou.

Selon eux, cette criminalisation est d'autant plus importante quand il s'agit de protestation de communautés indiennes. Ils dénoncent également que cette criminalisation abusive est soutenue par la Loi 30151 qui permet l'impunité en cas de violations de droits de l'Homme et par le Décret législatif 1095 qui autorise l'intervention des Forces Armées pour le maintien de l'ordre. Les communautés autochtones demandent donc que leurs droits collectifs soient reconnus.

La Fondation Universelle pour le Développement et la Paix (Fedepaz) met en avant l'exemple de Santiago Mavin. Président du conseil permanent des peuples Awajun y Wampis, il a été blessé pendant une manifestation en 2009 et a été par la suite condamné à la perpetuité. Selon les autorités il aurait encourager la violence.

D'après le directeur exécutif de la Fedepaz, David Velazco, les conflits socio-environnementaux autour des sujets de l'exploitation minière ou de l'extraction d'hydrocarbures sont illégitimement sources de « répression, torture et détentions injustifiées et arbitraires » des communautés indiennes. Il s'indigne contre la participation des Forces Armées et la « Déclaration d'Urgence » qui peut être décrétée en cas de conflits comme étant des outils de contrôle de l'ordre interne dans des régions en situation de conflictualité.

De plus, Santiago Mavin insiste sur le fait que contrairement à ce que le Gouvernement déclare, les peuples indiens ne sont pas des ennemis du développement. Il sont cependant ennemis du développement particulier qui utilise l'exploitation sans limite des ressources naturelles et qui ne respecte pas les territoires ancestrales ni les forêts dans lesquelles les communautés autochtones vivent.

La Fedepaz a donc sollicité la CIDH afin qu'elle persuade l'Etat péruvien à prendre plusieurs mesures dans le but que ce traitement arbitraire cesse. Tout d'abord, La Fedepaz souhaite que l'Etat mette en place des canaux institutionnels pour l'exercice de la citoyenneté environnementale, puis qu'il abroge le Décret 1095 et la loi 30151. De plus, elle souhaite que l'Etat habilite les membres de la police à une bonne gestion des émeutes et que les personnes recherchées ou faisant l'objet d'un procès soient correctement jugées. Enfin, la fondation désire que les individus victimes de l'utilisation abusive des forces armées soient dédommagés.

Le 16/11/2014

Sources :
http://www.larepublica.pe/31-10-2014/indigenas-peruanos-denuncian-crimin...

http://voces.org.sv/2014/11/14/estado-peruano-es-denunciado-por-criminal...