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Le Guatemala dans l'ère de l'anti-corruption, avec ou sans Morales

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Dimanche 25 Octobre les Guatémaltèques ont élu Jimmy Morales nouveau président de la République avec plus de 69% des voix. En parallèle des organisations essaient de sortir les gens du silence et de l'acceptation, elles veulent créer une culture de la dénonciation par des moyens pacifiques, et rappeler à Jimmy Morales, élu sur sa promesse de lutte contre la corruption, qu'il est face à un défi de taille.

En effet, il héritera d'un pays aux caisses vides, aux hôpitaux et écoles délabrés, aux routes en mauvais état, aux institutions découragées, et d'un pays refuge de la corruption. Jimmy Morales (comédien, chef d'entreprise, théologien ... inconnu du monde politique) sait qu'en remportant la présidentielle a signé pour un véritable combat.
La crise fiscale fait rage au Guatemala qui, selon des données du Congrès, a eu un manque à gagner de 7 milliards de dollars par an pour cause de privilèges fiscaux, évasion fiscale par le secret bancaire et non-paiement des impôts miniers, pétroliers et hydroélectriques. Le gouvernement Guatémaltèque a prévenu que le pays pourrait se retrouver en situation de défaut de paiement internationale, il n'a déjà pas de quoi payer les 142 millions de dollars d'intérêts de sa dette extérieure en Novembre et Décembre 2015, dette extérieure dont le montant dépasse les 7 milliards de dollars. Le président de la Banque Centrale du Guatemala a averti que cesser de payer le service de la dette est néfaste pour la croissance économique du pays.
Le ministre adjoint des finances Edwin Martinez a de plus ajouté que l'administration dispose d'un budget de 400 millions de dollars pour payer les salaires et les primes, mais que cela nécessiterait en réalité plus de 600 millions de dollars.

Le président devra répondre aux grands défis de la pauvreté, de la finance, de l'insécurité et de l'impossibilité à gouverner, mais aussi à la croissante méfiance, intolérance et impatience du peuple envers ses dirigeants. Ses faits et gestes seront surveillés, notamment par "Denuncia Guatemala" une des organisations du mouvement des indignés qui d'Avril à Août a organisé de grandes marches pour réclamer la démission de l'ancien président Otto Pérez Molina pour motif de corruption. Le fondateur de cette organisation a d'ailleurs déclaré que ces manifestations n'étaient qu'un avant-gout de ce qu'ils réservent au futur gouvernement. Le but étant de montrer à la population qu'il est possible de dénoncer un acte de corruption de n'importe quel fonctionnaire d'Etat avec des moyens légaux. Il ne faut pas avoir peur de dénoncer et de réclamer des services dignes d'un Etat comme des hôpitaux et des écoles entretenues et en bon état, la sécurité, le respect des droits humains, les prix des aliments de base, surtout dans un pays où la moitié de la population vit dans la pauvreté.

Morales prendra ses fonctions le 14 Janvier. Il sera le dixième président du Guatemala depuis le retour progressif de la démocratie en 1986. La question est de savoir s'il arrivera à changer le système politique de manière durable. Les attentes sont grandes mais les incertitudes aussi.

Source : El Universal "Guatemala va por cultura contra la corrupción" publié le 02/11/2015
http://www.eluniversal.com.mx/articulo/mundo/2015/11/2/guatemala-va-por-...