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Equateur : Réformes de la Constitution, glissement vers la dictature ?

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L’Assemblée Nationale d’Equateur travaille sur des amendements à la Constitution de 2008.
Ces amendements ne seront pas adoptés par référendum, mais votés par le Parlement. Un groupe parlementaire constitué des élus d’Alianza Pais, le parti du Président Rafael Correa, détenteur de la majorité absolue à l’Assemblée, examine les 16 amendements proposés en 2014.

La mesure la plus polémique permettrait la réélection du Président dans le temps, sans limiter le nombre des mandats.
L’objectif de la commission est de faire approuver ces amendements avant la fin 2015, le rapport de la commission devant être débattu une dernière fois ce mois-ci.
Ainsi, si ce délai est respecté, le Président Correa pourra prétendre se présenter aux élections présidentielles de 2017, malgré les deux mandats qu’il a déjà effectué, durée limite actuelle, à l’exercice de la fonction présidentielle.

Toutefois, Correa nie que l’adoption d’une telle mesure puisse avoir un intérêt, même s’il reconnaît que son parti continue à le voir dans cette fonction.
Sa position est ambiguë. Le chef d’Etat a proposé à sa majorité parlementaire d’ajouter une disposition transitoire empêchant les potentiels bénéficiaires de cette réélection sans limitation du nombre des mandats, de se présenter aux élections générales de 2017.
Pour les experts, cette déclaration est uniquement une manière de détourner l’attention et d’apaiser le débat politique dans l’attente de la délibération des parlementaires sur les amendements constitutionnels.
D’autres amendements sont controversés. La sécurité intérieure serait assurée par les Forces Armées, l’Inspection des Finances Publiques n’aurait plus de droit de regard sur l’allocation des dépenses publiques, la communication deviendrait un service public ce qui est perçu comme une stratégie pour asseoir le contrôle de l’Etat sur les médias privés.

Ces mesures ont provoqué la révolte d’une partie des citoyens qui manifeste son mécontentement en descendant dans la rue et via les réseaux sociaux.
L’opposition demande une consultation populaire. Pour toute réponse, la majorité présidentielle affirme qu’elle a mené une large campagne d’information et de sensibilisation à travers 170 réunions avec la population dans les 24 provinces du pays qui se serait révélée positive. L’Etat a créé un site internet expliquant les bienfaits de chaque amendement et les raisons pour lesquelles il n’y aura pas de consultation populaire.

http://internacional.elpais.com/internacional/2015/11/17/america/1447798...
El Pais, 18 novembre 2015