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Au Costa Rica, les organisations sociales s'impliquent dans la lutte des peuples indigènes.

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Les terres de Salitre, au Sud du Costa Rica, sont depuis longtemps un lieu de conflit entre la population indigène et le gouvernement. Leur contrôle représente de puissants enjeux politico-économiques et personnels. Elles sont originellement la propriété du peuple Bribri, l'un des groupes ethniques le plus important du pays. Dans le même temps, un processus d'affirmation territoriale est mené par le gouvernement local depuis quelques années. Ainsi, les intérêts des populations indigènes et du gouvernement divergent totalement ce qui explique les nombreuses altercations.
Face à la politique menée, le peuple Bribri a manifesté son désaccord en occupant les terres de manière illégale selon la justice. L'expulsion par les forces de l'ordre a été violente. L'ensemble des organisations sociales ont dénoncé des actes délictueux contre le peuple Bribri (violence, agression, menaces armées…) impunis par la justice locale.

Le conflit a pris encore plus d'ampleur suite aux événement du 9 novembre 2014. Le Diario Extra avait, selon les militants, tenu des propos racistes contre les indigènes et leur mouvement. Ces derniers ont alors peint la façade du journal en signe de désaccord.
Selon les organismes sociales, l'intervention du gouvernement a été disproportionné. Il aurait allié pouvoir judiciaire et force de l'ordre pour réprimer le mouvement. 40 véhicules, 150 agents, des juges et des procureurs auraient été mobilisé. De plus, cette intervention a été jugé encore plus sévèrement puisque le peuple Bribri et ses leaders sont considérés comme pacifistes. Sur toutes les arrestations effectuées ce jour, seule une personne n'a toujours pas été libérée. En effet, Sergio Rojas, leader indigène bribri et président de l'association de la communauté, est toujours dans la prison régionale de San Isidro de Perez Zeledon pour délit d'administration frauduleuse. Selon la justice, ce serait une mesure préventive afin qu'il ne s'enfuit pas, ni ne fasse obstacle à l'enquête menée. Une caution de 60 000 dollars a été fixé. Évidemment, en tant que paysan, il lui est impossible de la payer. Il a également été destitué du poste de président de l'association de Salitre.

L'ensemble des organisations sociales réclament donc la libération de Sergio Rojas et dénoncent en même temps un politique qu'ils jugent ethnique, raciste et répressive de la part de l'État costaricien. Selon elles, le gouvernement local serait coupable de violation des droits de l'Homme des peuples indigènes, de criminalisation de la lutte des peuples par la diffamation et la distorsion de l'information des faits réels ce qui a créé la confusion au sein de l'opinion publique. Enfin, ils dénoncent bien évidemment la fausse accusation qui pèse actuellement sur Sergio Roja. Celle-ci ferait partie d'une stratégie politique destinée à diviser l'organisation indigène. Elles demandent également l'appui de la communauté nationale et internationale dans leur lutte.

Les conflits concernant l'appartenance des terres sont nombreux en Amérique latine. Ceux-ci n'épargne pas le Costa Rica qui est pourtant connu comme l'un des pays les plus pacifiques.

Source :

ADITAL - Organizaciones piden liberación de líder indígena, preso por política racista y etnocida - le 14 novembre 2014 :
http://site.adital.com.br/site/noticia.php?lang=ES&cod=83263

Piden a Gobierno aclarar derechos de tenencia en Salitre - le 09 juillet 2014 :
https://www.youtube.com/watch?v=ArDLgLmSNqI