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Consommation et soja : un modèle à bout de souffle

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Une ère de réformes s'est mis en œuvre en Amérique Latine, ce qui a mis un sérieux coup de frein à l'économie du continent.

Robert Bisang, titulaire d'Economie Agricole à l'université de Buenos Aires explique que : « Ce qui est vu maintenant c'est un épuisement d'un modèle économique. » En effet, L'Argentine est devenu troisème producteur mondial de soja, derrière les Etats-Unis et le Brésil. Un résultat évident quand on sait que pendant quasiment 20 ans, le pays a produit 96 millions de tonnes de soja par année. Mais il est arrivé le temps que la terre s'épuise, et c'est ce dont souffre actuellement l'Argentine. De plus, il est important de noter que d'autres pays comme l'Ukraine et la Russie ont intégrés le marché du soja. Et il ne faut pas oublier les Etats-Unis, qui ont réalisé cette année la meilleure récolte du siècle. Toute cette série d'évènement a eu pour conséquence que, durant ces huit derniers mois, le cours du soja a gravement chuté : il est passé de 530 à 380 dollars.
Pour Robert Bisang, cette chute de prix du soja en évidence un système économique défaillant, basé uniquement sur la consommation. Le gouvernement a promu la consommation interne comme le meilleur moyen de sortir de la crise de 2001.

En 2011, Cristina Fernandez gagne les élections, ce qui est vu comme un balayage d'une possibilité de voir le pays s'industrialisé. Le gouvernement a décidé d'impulser la consommation interne, le pays n'a donc pas épargné et n'a pas non plus investi dans l'industrie. Cependant, c'est la consommation primaire qui a été privilégiée:des télévisuers, de l'électroménager ainsi que l'automobile, ce qui représentent la major partie des biens que vend la Chine à l'Argentine. Ces biens étrangers sont en grande partie achetés avec les dollars que rapportent le soja à l’État, étant donné que cette production représente 24,5% des exportations nationales, et que le gouvernement récupère 35% des recettes réalisées par les producteurs sur ce qui vendent en dehors de ses frontières. Mais ces dollars ne restent pas longtemps dans le pays, qui pourtant en a réellement besoin. Le gouvernement avait également objectif de préserver l'emploi, point sur lequel il s'est tenu, cependant la mauvaise année subit par le pays, a forcer la présidente à revenir sur sa totale opposition à la dévaluation du prix du soja, et à du s'y résoudre en janvier. De plus, l'Argentine voit son Produit National Brute chuté sur deux trimestres consécutifs, le chômage augmenter le troisième trimestre (de 6,8% à 7,5%). Le secteur industriel est également fortement touché : l'activité dans le secteur de l'automobile à,chuté de 19,2% par rapport à l'année précédente.

Au milieu de tout cela, le gouvernement argentin lutte toujours contre les fonds vautours, et est, à cause de cela, menacé par un défaut de paiement. Le gouvernement et 93% de ses créanciers sont arrivés à un accord pour une restructuration de la dette que l'Argentine encourt, qui accorde le remboursement de seulement 30% de la somme totale, cependant, les fonds vautours, représentant les derniers 7% ne sont pas d'accord. Désormais le pays craint d'être en défaut de paiement si la situation américaine se reproduit contre lui. Une partie des créanciers de l'Argentine a intenté une action en justice contre les Etats-Unis et a obtenu le total remboursement des dettes du, soit 1,3 milliard de dollars.

Au vue de tous ces événements, il est évident que, comme le montre une étude de l'INDEC (l'institut argentin des statistiques), le pays devrait bientôt rentrer en récession. En janvier, le peso argentin s'est vu dévalué de 18% sous la pression des marchés, ce qui a entraîné, comme on l'a vu plus tôt un gros recul de l'activité industrielle, l'indice des prix s'est envolé, sans que les salaires suivent parfaitement cette fluctuation. Ce qui a eu un impact négatif sur la consommation et sur le comportement de la population. Voyant leur pouvoir d'achat diminué, la population manifestent leur mécontentement : plusieurs mouvements de grèves ont lieu ces dernières années, et le nombre de pillage de magasins a fortement augmenté, et a tué une trentaine de personnes depuis deux ans.

L'Argentine est dans une situation très critique, dans tous les domaines (emploi, social, économique...). Le pays va t-il un jour atteindre son objectif de sortie de crise de 2001 ? Un accord avec les fonds vautours seraient un grand pas en avant, ainsi, le pays pourra retrouver une crédibilité sur les marchés et par la même occasion, apporter à son économie les dollars dont il a tant besoin.

Source :
Article paru dans « El Pais » le 1er Décembre 2014: « Consumo e soja: um modelo esgotado » : http://internacional.elpais.com/internacional/2014/12/01/actualidad/1417...

Sources complémentaires :

Article paru dans « La Tribune » le 28 juin 2014 : «  L'Argentine proche de la récession, en pleins doutes sur sa dette » : http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140628trib00...