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Argentine : La corruption, sujet sensible en pleine élection présidentielle

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Le menemisme* n’a pas inventé la corruption en Argentine mais il l’a renforcé.

La corruption argentine s’est créée durant les années 90 et notamment pendant les 12 années de gouvernance des Kirchneriens**. Son expansion s’est vérifiée aussi bien dans la sphère publique que privé et sans respecter les institutions. Le fait que la justice ne soit pas parvenue à se soustraire du pouvoir de la corruption et qu’elle préfère ignorer les fonctionnaires suspectés de corruption afin de les laisser impunis, est devenu une réalité de nos jours.

Ces dernières années, nous avons assistés à l’utilisation massive des ressources publiques en tant que bien propre pour la famille présidentielle, à l’enrichissement patrimonial de nombreux hommes du gouvernement et à la colonisation des organismes de contrôle de la fonction publiques.

Le phénomène a pris de telles proportions qu’il met en danger la santé morale et économique du pays mais également la vie des citadins, car la corruption blesse et tue, comme l’a clairement démontré l’accident ferroviaire de la station Once en 2012 à Buenos Aires (qui a fait 51 morts et plus de 700 blessés pour cause de freins défectueux, le train roulait trop vite et est entré en gare à 26km/h). Un pays ne combattant pas la corruption encourage ce genre de phénomène, ce qui est le cas en Argentine.

De plus, un sujet de si grande gravité comme celui-ci, a été absent dans les réponses des candidats à la présidentielle et dans le débat qu’ils ont réalisé et auquel n’a pas assisté Daniel Scioli. Cette absence est révélatrice de la non prise en compte de la corruption par les candidats. Soit, ces derniers estiment qu’elle n’est pas assez importante pour l’évoquer et la combattre, soit ils ont, au contraire, conscience de son existence mais ont peur de l’affronter.

Sergio Massa a affirmé lors d’occasions similaires que ce genre de délit devait être imprescriptible et il a également plaidé pour l’indépendance judiciaire. De la même façon, Mauricio Macri a déclaré qu’il était pour l’impunité zéro. Margarita Stolbizer a réalisé durant sa campagne électorale la mise en scène d’un jugement pour montrer que « la corruption et les négociations sont incompatibles avec la fonction publique ». La parodie rechercha à mettre en scène le compromis des progressistes avec la transparence et à évoquer l’importance d’une justice indépendante.

En revanche, en ce qui concerne Scioli, la presse n’a rien entendu de similaire, et ce en plus de devoir porter le fardeau d’être issu d’une force politique gouvernante qui est passée de scandales en scandales. En effet, Scioli a déjà été accusé d’enrichissement illégal, cependant le procureur n’avait pas fait appel et l’affaire avait donnée suite à un non-lieu. Une situation similaire dont le couple Kirchner a également pu bénéficier.

La corruption se propage parce qu’elle constitue une véritable maladie contagieuse si on ne la combat pas. On fait ici face à une société qui assiste à la croissance de cette corruption et à l’impunité des corrompus et donc qui finit par baisser les bras. Ainsi, la corruption devient banale, elle génère sa propre culture et sert de bouillon de culture pour que prennent racine les bandes de crimes organisés. Tout cela se passe actuellement en Argentine, comme le montre l’infernale avancée du narco trafique, pour lequel les autorités font preuves de passivité.

LA NACION, le 18 Octobre 2015
http://www.lanacion.com.ar/1837484-los-candidatos-a-la-presidencia-y-la-...

*Le Menemisme est un mouvement issu de la politique de Carlos Menem, Président Argentin de 1989 à 1999. La politique libérale de Menem à permit la privatisation des sociétés publiques et la diminution de l’inflation par la « dollarisation » de l’économie en créant le « nouveau peso », cependant elle a engendré de grosse inégalités entre les différentes classes sociales.

**Le Kercherisme qualifie le mouvement politique de Néstor Kirchner et de sa femme Cristina Fernandez de Kirchner.